La démarche
Rendre aux mots leur place dans la chanson
Il y a des chansons magnifiques et des artistes immenses. Le problème n'est pas là. Le problème, c'est qu'on a laissé les paroles devenir la dernière chose qu'on écoute.
Une génération entière grandit avec des textes qui tournent sur trois images et deux rimes, pendant qu'une langue d'une richesse folle dort dans des livres qu'on ouvre à l'école et qu'on referme aussitôt. Ce n'est pas un procès : c'est un gâchis.
Alors on a fait l'expérience à l'envers. Prendre L'Albatros, Le Bateau ivre, Chanson d'automne ou L'Expiation, et leur donner ce qui leur manquait pour revenir dans une oreille de 2026 : un beat, une basse, une production. Pas de dépoussiérage, pas de récitation solennelle. De la musique d'aujourd'hui, trip hop et électro, sous des vers de 1857.
Sur l'intelligence artificielle
Ces onze morceaux ont été produits avec l'aide de l'IA, et il n'y a aucune raison de le cacher. C'est ce qui a permis à une idée de devenir audible sans studio, sans budget et sans attendre. Mais une machine n'a pas d'intention : elle exécute. Ce que vous entendez est une maquette convaincante, pas une œuvre.
Le but n'a jamais été de remplacer qui que ce soit. Il était de rendre une évidence écoutable : ces textes tiennent debout sur de la musique moderne. Maintenant qu'on l'entend, l'étape suivante ne peut venir que de personnes réelles.
Ce qu'on espère
Qu'une chanteuse reprenne Chanson d'automne et en fasse autre chose. Qu'un rappeur s'attaque au Bateau ivre et le porte là où aucune IA n'ira. Que des professeurs s'en servent pour montrer que Baudelaire n'est pas une punition.
Les poèmes sont libres de droits. Les morceaux sont là pour donner l'idée, pas pour occuper la place.